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Didier AYRES

Comme au jour accompli

Postface de Jean-Yves Masson

Collection Cahiers d'Arfuyen n°139, ISBN 2845900244

13,5 €
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 Comme au jour accompli est le deuxième livre de poésie publié par Didier Ayres, qui écrit également pour le théâtre. On y reconnaît immédiatement une voix, d’une pureté envoûtante, comme un chant grégorien ou un poème d’amour persan.
 « Les chevaux se tiennent là dans ce jardin en équilibre. J’ai souvenir de ceux-là et des rossignols. Et je vois les cimes et les voûtes et les étoiles entre elles et je les appelle du nom de l’or et des éléments précieux. Et je crois être aimé des hauts arbres de la fortune où le soleil se décuple et se multiplie. Je suis dans de brillantes lumières que j’appelle des lanternes terrestres. »
 C’est par ce texte en prose que s’ouvre ce livre étrange, et presque toutes les images fondatrices de l’écriture de Didier Ayres y sont déjà contenues. Mais le poème s’ouvre aux dimensions d’un monde, s’approfondit dans une lumière de l’âme : « Il y avait les peupliers dans le ciel au repos / Et les roses / Il y avait les résédas / Et les eaux saoules et les pierres de l’ivresse / Et aussi l’éternité comme un langage. »
 Telle est bien, en effet, la folle entreprise de Didier Ayres : donner à entendre « l’éternité comme un langage », écrire un texte qui soit comme l’éternité en mots. D’où l’impression d’évidence et de plénitude qui se dégage de ces proses et poèmes, en même temps que de mystère et de suspens. Seuls les tableaux de Fra Angelico peuvent suggérer une lumière aussi pure alliée à une tonalité si mystérieuse.
 Ici, vraiment, s’accomplit devant nous une parfaite alchimie du verbe, dont résultent ces textes inouïs et, pour qui les a lus une fois, obsédants : « J’étais l’arbre, continue le poème / J’étais la rose même / Je connaissais la rivière brûlante de la nuit. » Et le livre s’achève dans la majesté d’une danse cosmique : « Comme les pierres qui scintillent / Comme les pesants soleils qui tournoient dans le ciel / Comme les astres qui dansent et qui chancellent ».