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Antonio GAMONEDA

Clarté sans repos

Arden las perdidas

PRIX EUROPÉEN DE LITTÉRATURE 2005
Traduit de l’espagnol et présenté par Jacques Ancet
Bilingue espagnol-français

Collection Neige
n°14, ISBN 2845900872

18 €

Antonio Gamoneda a été distingué par le Prix Européen de Littérature qui a été proclamé en novembre 2005 et lui sera remis dans le cadre des 1ères Rencontres Européennes de Littérature à Strasbourg en mars 2006. Le présent ouvrage est une contribution à l’hommage qui lui sera rendu à cette occasion.

Six livres de Antonio Gamoneda ont paru en France à ce jour : Livre du froid, traduit par J.-Y. Bériou et M. Joulia (Soriano, 1996) ; Pierre gravées (Lettres Vives, 1996) ; Froid des limites (ibid., 1999) ; Blues castillan (Corti, 2004) ; Description du mensonge (ibid., 2004) et Passion du regard (Lettres Vives, 2004) traduits par Jacques Ancet.

Clarté sans repos est la traduction de l’un de ses livres les plus importants, publié en Espagne en 2003 sous le titre Arden las pérdidas. Il est l’aboutissement d’une expérience poétique et existentielle inaugurée avec Description du mensonge (1975-1976), poursuivie et approfondie avec Pierres gravées (1977-1986), puis Livre du froid (1986-1991).

Hors de toute croyance, de tout mensonge consolateur, cette poésie ne cesse d’affirmer avec violence et désespoir, colère et résignation que le seul réel est la disparition : « Tu vas vers l’invisible / et tu sais que ce qui n’existe pas est réel. »

Non seulement, d’ailleurs, elle l’affirme mais elle le fait éprouver au lecteur avec une puissance de suggestion qui tient autant à la densité de la langue qu’à l’intensité ses images.

La dernière section est traversée par cette interrogation obstinée : qui est cet « animal étrange », cet « inconnu caché dans ma mémoire » qui parle en moi, « qui veille en moi quand je dors »  ? Serait-il cette part d’enfance qui ne veut pas mourir ou cette voix de l’extinction où tout viendrait se consumer ? La réponse est dans cette image obsédante du feu et de la lumière où tous les contraires s’annulent, où la fin redevient commencement, où la vieillesse rejoint l’enfance.