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Chants d’amour

Traduction de Béatrice Weis
Postface de Dorothea Walz
Bilingue moyen haut allemand-français

Collection Cahiers d'Arfuyen
n°58, ISBN 2903941554

11,43 €

Reinmar est l’un des premiers grands poètes de l’Alsace. Sa grande renommée dans toute l’Europe de son temps en fait l’un des héraut de la poésie courtoise, dite Minnesang dans le domaine germanique. Ses poèmes sont ici traduits pour la première fois en français.

Des recueils de chansons furent établis à la fin du XIII° et au début du XIV° siècle, à l’initiative de collectionneurs, pour fixer par écrit l’ensemble des poèmes de tradition orale et les conserver ainsi à la postérité. Il est probable que les collectionneurs auraient transmis le nom de famille de Reinmar s’ils l’avaient connu. Aussi faut-il sans doute admettre que Reinmar n’était pas d’origine noble, mais faisait partie de ceux qui, comme Walther von der Vogelweide, Reinmar von Zweter, Marner, Spervogel et d’autres allaient de ville en ville, de cour en cour gagnant leur vie par leur talent de chanteur.

Dans ce contexte, il n’est sans doute pas sans signification que le petit manuscrit de Heidelberg, rédigé en Alsace – et peut¬être même à Strasbourg – vers 1275, commence précisément par les poèmes de Reinmar et manifeste de la sorte un intérêt tout particulier pour l’oeuvre de ce poète.

Plusieurs générations de germanistes ont cru que Reinmar aurait été le chantre attitré de la cour des Hohenstaufen. C’est parce que son jeune rival, Walther von der Vogelweide, aurait voulu lui disputer cette place que Reinmar l’aurait fait chasser de la cour impériale. Il est exact, en effet, que Walther, lorsqu’il quitte cette cour en 1198, ne le fait pas de son plein gré. De même, il est vrai que les conceptions littéraires de Reinmar et de Walther ne pouvaient que les opposer : dans plusieurs de leurs oeuvres ils se réfèrent l’un à l’autre et semblent se mesurer en une sorte de « duel » littéraire qui n’est pas sans évoquer une querelle des Anciens et des Modernes. Reinmar, « l’Ancien », poursuit la tradition des troubadours provençaux ; Walther se pose en fondateur d’une nouvelle idée de l’amour.