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Alain SUIED

Ce qui écoute en nous

suivi de
L’Objet du poème

Collection Les Cahiers d'Arfuyen
n°87, ISBN 2908825252

11,43 €

 « La naissance ruisselle encore / sur le visage qui meurt / et l’on croit voir passer / une ombre / sur les yeux qui renoncent / mais non, c’est la naissance / qui revient / et avec elle / tous les chemins perdus / tous les désirs vaincus / tous les possibles / tous les fantômes. » 

Ce sont les premiers vers d’un des recueils les plus forts d’Alain Suied, marqué par une intériorisation plus grand encore, une gravité plus émouvante. Sept parties le composent : D’une autre vie  ; Toute langue est étrangère  ; Au gouffre de l’absence  ; Sous l’œil de l’Occident ; Ce qui écoute en nous  ; La terre indéterminée  ; La proximité de l’être. L’ensemble est suivi d’un essai sur la poésie intitulé L’objet du poème.

Nulle part Alain Suied n’a défini avec tant de vigueur et de clarté l’enjeu vital qui est celui de la poésie. Il ne s’agit pas de séduire, de flatter. Il s’agit de nous faire accéder à la dimension du Réel : « Le poème, écrit Alain Suied,
est en avant de nous. Nous déchiffrons sa chance et son risque : appartenir à une dimension inaccessible et originelle, qui nous échappe à l’instant où nous croyons, par l’écriture, la rejoindre. L’enjeu du poème – dire cet insaisissable mystère matériel – est celui de toute parole humaine. Rien de plus – mais rien de moins. Nommons-le le Réel. Un Réel dénudé de la ’réalité’ fabriquée par les discours et les idéologies – et qui nous met face à la misère et à la grandeur des êtres. Un Réel informulable et lucidement aperçu dans sa souveraine envergure, de l’infiniment petit à l’Infini, même. »

Entreprise prophétique, le poème est toujours en avant, au-delà. Acceptant pour lui les dangers de briser le consensus de l’aveuglement et du confort : « Le poète dévoile le non-dit, le refoulé, dénude l’absence même du sens pour y inscrire la mémoire toujours autre, toujours future du Réel au delà de nous – non : de ce que nous croyons être nous. Au delà, en avant du poème, qui en dit pour nous – non : pour ce que nous croyons être nous, la fatale mais nouvelle délivrance. »