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Bernard VARGAFTIG

Ce n’est que l’enfance

PRIX DE LITTÉRATURE FRANCOPHONE JEAN ARP 2007

Collection Les Cahiers d'Arfuyen
n° 174, ISBN 9782845901193

11 €
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Bernard Vargaftig est le lauréat du Prix de Littérature Francophone Jean Arp qui a été proclamé en novembre 2007, Prix qui lui sera remis dans le cadre des 3° Rencontres Européennes de Littérature en mars 2008 pour saluer l’ensemble de son œuvre. Le présent ouvrage est une contribution au juste hommage qui lui est rendu par ces Rencontres.

L’écriture de Bernard Vargaftig, essentiellement tournée vers la poésie, est l’une des œuvres majeures de notre époque. D’une extrême pudeur, elle cache sous une forme raffinée et faussement simple, une sensibilité d’écorché, marquée par les traumatismes d’une enfance juive durant l’Occupation.

 À la faveur de leur partenariat avec le Prix de Littérature Jean Arp, les Éditions Arfuyen publient aujourd’hui pour la première fois Bernard Vargaftig. Pourtant de profondes affinités unissent depuis de longues années Arfuyen au poète de Nancy, également ville natale de Roger Munier. 

Toujours présente dans l’œuvre, même si voilée d’une savante pudeur, la force d’émotion de ces poèmes s’exprime ici avec une sobre justesse qui, par-delà les choix esthétiques, est la marque d’une véritable écriture. 

Ce livre, écrit du 23 février 2004 au 30 janvier 2006, comporte une cinquantaine de textes tous écrits dans la même forme : des poèmes de quatre strophes de quatre vers chacune. L’ensemble est dédié par Bernard Vargaftig à la mémoire de son fils et cette dédicace donne la couleur du livre. Une douleur secrète s’y lit, qui ravive de plus anciens souvenirs. Rien n’est dit, mais par la magie des mots liés en d’étranges gerbes, tout affleure sans cesse.

Citons par exemple les deux premières strophes du premier poème : « Un cri nul désert / Un déplacement intérieur / Accomplissement exigence sans cesse / Autant que le présent vient de naître // Distance éparpillée ouverte / Une faille jamais éloignée / Avec la soudaineté pour devenir / Syllabe rien que l’incitation »

Et les deux dernières strophes du recueil : « Terrasse étonnement mur gravier / L’ailleurs dénudé d’un ailleurs / Par la crainte dont la répétition se rapproche / Où c’est l’accomplissement qui s’ouvre // Écharpe et ruelle / Et sous l’échelle et l’échelle bouge / Comme dans l’aveuglement quelle syllabe / Vient du milieu de ton odeur ». 

Quelque chose s’énonce entre les mots, comme par effraction. Comme une mémoire malgré l’écoulement des jours et l’oubli qui recouvre toutes choses.