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Françoise Azaïs de Vergeron, dite
CATHERINE-MARIE DE LA TRINITÉ

(1926)


Françoise Azaïs de Vergeron – Catherine-Marie de la Trinité en religion – est née à Saint-Cyr-l’École le 3 août 1926.
Elle passe ses premières années en Île-de-France et à Dijon, tout en séjournant régulièrement au domaine de Troupiac, entre Castres et Sorèze, dans le Tarn, où sa famille, d’origine béarnaise, apparentée à Francis Jammes et Saint-Exupéry, viendra se fixer peu de temps avant la guerre. Très jeune, elle connaît de grandes épreuves.
En 1948, sur la foi d’un regard, quittant le monde et avec lui les carrières que ses études de droit lui ouvraient, elle entre au monastère de Sainte-Marie-de-Prouilhe, fondé en 1206 par saint Dominique, près de Fanjeaux, dans l’Aude.
Elle écrit des poèmes sans les donner à lire, jusqu’au jour où une sœur de sa communauté lui suggère de les réunir en brochures qui pourront être présentées à la librairie du monastère. C’est sous cette forme que Max de Carvalho en a pris connaissance.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Le Repos inconnu

REVUE DE PRESSE

Sœur Catherine-Marie de la Trinité s’est éteinte
Monastère de Prouilhe , par ---

Notre sœur Catherine-Marie, s’est éteinte au milieu de ce Grand Sabbat qui avait sa
prédilection comme l’exprime l’un de ses poèmes, relu à son chevet quelques heures avant qu’elle ne passe de ce monde au Père…

« Je suis comblée dans la Pâque du Seigneur ». Cette parole étonnante qu’elle avait dite à l’un de ses chers amis, Max de Carvalho, au moment où il allait éditer chez Arfuyen son recueil de poèmes « Le repos inconnu », voici qu’elle s’est accomplie mystérieusement en ce grand samedi… Parole prophétique de notre sœur qui a cherché tout au long de sa vie de contemplative Celui que son cœur aimait, à travers la nuit, un grand désert et un grand vide…

Route mystérieuse de cette sœur très souvent qualifiée de « mystique », qui aimait la solitude qu’elle trouvait à travers ses longues marches dans la campagne généreuse autour de Prouilhe aussi bien que dans ses longues oraisons matinales, nocturnes, vespérales dans la pénombre de l’église… Elle scrutait l’Ecriture avec assiduité et son Nouveau Testament en témoigne, lui qui était surligné de couleurs différentes qui évoquaient les thèmes suivis pendant ses temps d’étude et de lectio…

Au monastère où elle était entrée après la guerre en 1948 après s’être occupée de ses frères et sœurs à la suite du décès de la Maman, elle avait fait profession le 11 avril 1950. Au cours de sa longue vie, elle y a déployé bien des talents. Si elle avait fait des études de droit dans sa jeunesse, ce n’était pourtant pas là sa prédilection ! Douée d’un tempérament qui entrait difficilement dans un cadre d’observance, elle préférait se laisser guider par l’Esprit qui la conduisait par des chemins inédits !... C’est ainsi qu’elle commença ce qui allait devenir l’atelier de peinture de saints patrons sur céramiques, qui existe toujours.

Elle occupa bien des emplois : panetière, réfectorière, grand échanson ! aide à la cuisine, sousmaîtresse au noviciat... Si elle s’acquittait de ses offices, son regard d’artiste lui faisait inventer des objets à partir d’une souche de vigne, de morceaux de vitraux, de coquillages… et son don pour le commerce lui ouvrait les portes de magasins qui commercialisaient ses productions, ses cartes et ses poèmes illustrés par des dessins à l’encre de chine…

Avant l’incendie du monastère en 1990 elle avait organisé dans le grenier une vaste pièce où elle réalisait de la peinture sur soie d’écharpes et foulards qui avaient beaucoup de succès. Son caractère très entreprenant surprenait parfois ses prieures alors qu’elle avait engagé expositions, ventes sans se soucier d’une autorisation !

Son carnet de relations était vertigineux… Et quand elle tapait sur sa machine à écrire, elle faisait des duplicata au carbone pour envoyer à toutes ses correspondances… Elle a aidé ainsi bien des gens dans la détresse. Car un autre trait de notre sœur était sa sollicitude pour les personnes en difficulté, les pauvres, tous ceux qu’en fille de St Dominique, elle portait « dans le sanctuaire intime de sa
compassion »et qu’elle voulait conduire au Christ…

Au soir de sa vie, en 2010, ne pouvant plus suivre le rythme de la vie régulière, elle intégra la maison de retraite de Fanjeaux à côté du monastère. Cette proximité permit d’abord d’aller la chercher tous les Dimanches jusqu’au jour où elle préféra que nous la visitions dans son nouveau lieu, ce que nous faisions volontiers chaque semaine…

Alors, chacune était accueillie avec ses bras grands ouverts et ce sourire si bon et si large que nous n’oublierons pas… Les membres du personnel qui l’ont soignée et accompagnée au long de ces années, ont été impressionnés de sa vie profonde. Nous leur exprimons ici notre merci pour la qualité de leur humanité, proximité, compétence qui a permis à notre sœur de vivre son quotidien dans la reconnaissance… Les lignes de son ami Max de Carvalho, résument le plus
profond de la vie de notre sœur : « Ses yeux ont tant scruté l’obscur désir de l’âme contemplé, deviné en un éclair le Visage, dans ce cercle de silencieuse solitude où soudain la privation devient trésor, où le dépouillement revêt la lumière, où le froid tisse un habit, la nourriture se désigne par la faim et « source assoiffée d’être bue » rejaillit sans fin, où l’Amour fleurit le désert. »

Pour conclure ces lignes, le dernier mot revient à notre sœur : « Ma mort sera Ton Jour ». Qu’elle contemple éternellement le Visage de cette « Sainte Face » qu’elle voit maintenant face à face et que son intercession garde tous ceux qu’elle a aimés ! Ses obsèques seront célébrées au monastère le jeudi 9 Avril à 14.30 h par son frère Monsieur l’Abbé Bertrand de Vergeron.