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Carnets du veilleur

Fragments

Collection Cahiers d'Arfuyen n°163, ISBN 2845900899

14,5 €
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 Carnets du veilleur est le premier livre de Jean-Pierre Jossua publié par les Éditions Arfuyen. En peu d’hommes la culture théologique s’allie avec une si vive sensibilité spirituelle et une si profonde connaissance de la poésie. Créateur du concept de « théologie littéraire », il ne pouvait se faire qu’Arfuyen ne le rencontre un jour. Ce petit livre de réflexions construit en trois moments (« Tourné vers l’avenir », « L’année devant soi » et « L’amandier fleurira ») en est l’heureuse occasion.
 Parmi ses œuvres les plus récentes concernant la littérature, citons : La Littérature et l’inquiétude de l’absolu (Beauchesne, 2000) ; La Chèvre du Ventoux. Journal pour chercher la sagesse (Cerf, 2001) ; Une Vie (Desclée de Brouwer, 2001) ; Figures présentes, figures absentes. Pour lire Philippe Jaccottet (L’Harmattan, 2002), La Passione dell’Infinito nella letteratura (Argo, 2005).
 Dans une note en postface, Jean-Pierre Jossua explique les circonstances dans lesquelles ont été écrits ces Carnets du veilleur, à la suite d’une journée amicale au Centre Sèvres : « Je m’étais demandé s’il serait possible de tenter, après l’écriture du présent (journaux) et celle du passé (autobiographie), une écriture de l’avenir. Celle-ci se rendrait attentive à ce qui survient, inopiné, à ce qui surprend, mais aussi capterait ce qui s’annonce, ce qu’on espère, ce qui est promis. Un an après, j’ai commencé à noter des textes qui pourraient répondre à cette hypothèse, du moins dans une certaine mesure, car j’avais alors pensé à une écriture continue. Je l’ai fait sous une forme que je juge risquée, mais qui s’est imposée et que j’ai tenté de définir chemin faisant. »
 
Le livre qui résulte de cette recherche est frappant par sa liberté de ton et sa variété d’approches. Réflexions et méditations du moment, reliées uniquement par le mystère d’un destin.
 Sur le paysage : « Les gens meurent, les maisons s’écroulent, demeurent un bouquet de lilas et quelques iris d’un bleu profond qui témoignent de la présence humaine qui fut. Obscure fidélité végétale, encore plus méconnue que celle des bêtes. »
 
Sur la poésie : « L’expérience chrétienne n’est ni plus ni moins crédible que l’expérience poétique au nom de laquelle elle est parfois disqualifiée. Expériences spirituelles offrant un grand essor, elles peuvent être toutes deux niées et méprisées. L’une et l’autre supposent une même sorte de foi-confiance. »
 Sur les poètes (et Yves Bonnefoy) : « Comme Combray dans le roman de Proust, Giverny dans les peintures de Monet, Valsaintes n’est plus que dans les poèmes d’Yves. De cette trop grande maison, de ce pays, il a reçu immensément ; il leur a aussi donné une âme nouvelle. Quand nous y fûmes, après son départ, l’incarnation se manifestait encore. Aujourd’hui seul le nom l’y préserve. Les lieux, doublement profanés, sont vidés de la présence. La perte accroît-elle leur poids d’éternité ? »
 
Sur Dieu : « Ne percevoir la Présence que comme absence, ce n’est pas se heurter au néant mais toucher à l’Éternité par la foi. »