Arfuyen sur Twitter
  • Littérature
  • Spiritualité
  • Sciences humaines

Charles JULIET

Bribes pour un double

Image de couverture de Daniel Batail

Collection Cahiers d'Arfuyen n°14, ISBN 2903941106

 « Ceux qui peuvent avancer / sans avoir à écrire / à s’appuyer sur les mots / combien je les envie » (Bribes pour un double).
 Pourquoi écrire ? Que sert tant de peine pour ajouter les mots aux mots quand nous savons bien qu’il n’est rien à découvrir qu’au secret du silence ? À quoi bon empiler livre sur livre quand nous voyons, hélas, que seuls des actes concrets seraient utiles, réparateurs. « Pourquoi ce besoin de déposer la substance de ma vie dans des mots ? », écrit-il également dans son Journal (L’Autre faim, 31.03.90) : cette interogation est constante chez Charles Juliet depuis ses premiers textes. Dans quel but, de quel droit se soustraire à la vie commune des hommes pour mener cet exercice solitaire, et d’apparence si vain, d’écrire ? 
 Retrouver une attitude d’écoute de soi comme des autres, c’est à cela que peut nous aider l’écriture. En étroite affinité avec les plus hautes traditions spirituelles mais à l’écart de toute référence religieuse, l’écriture de Charles Juliet nous ouvre un chemin de dépouillement et de confiance, vers un terme auquel il ne donne d’autre nom que « vérité », « liberté », « joie ». Là où le plus haut accomplissement de soi est découverte de l’inconnu.
 Dans son extrême souci de ne jamais forcer la voix ni fausser la voie, avec une inflexible exigence et une désarmante simplicité, Juliet porte le témoignage d’un homme en quête, en métamorphose, pour nous tous qui attendons. « A Celui qui ne s’est pas rencontré / sache offrir les mots, / qui le révèlent à lui-même » (Bribes pour un double).