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Gérard BOCHOLIER

(1947)

 Co-fondateur de la revue Arpa, il la dirige depuis 1984. Critique littéraire, certains de ses articles ont été réunis en 2003 dans le volume Les ombrages fabuleux. Il a publié deux essais sur Pierre Reverdy, le phare obscur (Champ Vallon, 1984) et Baudelaire en toutes lettres (Bordas, 1993). Il a également présenté les œuvres complètes du grand poète de Suisse romande Anne Perrier (1996) et de Béatrice Douvre (1998).
 Mais surtout il est l’auteur d’une vingtaine de livres de poésie, dont huit ont paru chez Rougerie. On se bornera à citer : L’Ordre du silence (Chambelland, 1975), Poussière ardente (Rougerie, 1987), Secret des lieux (Rougerie, 1990), Un chardon de bleu pur (Table Rase, 1992), Terre prochaine (Rougerie, 1992), Le Village et les ombres (L’Arbre, 1998), Du feu jeté (L’Arrière-Pays, 2004), Le démuni (Tarabuste, 2004).
 Né en 1947 à Clermont-Ferrand, Gérard Bocholier y a fait ses études. Originaire d’une famille de vignerons de la Limagne et franc-comtois par sa famille maternelle, il a passé son enfance et son adolescence dans un village, Monton, que les poèmes en prose du Village et les ombres évoquent avec ses habitants.
 La lecture de Pierre Reverdy détermine en grande partie sa vocation. En 1971, Marcel Arland, directeur de la Nouvelle Revue Française, lui remet le prix Paul Valéry, réservé à un poète étudiant.
 Il enseigne la littérature française en classe de lettres supérieures à Clermont-Ferrand.
 Ses livres ont remporté de nombreux prix : prix Voronca en 1978, prix Louis Guillaume en 1987, Grand Prix de poésie pour la jeunesse en 1991, prix Paul Verlaine pour l’ensemble de son œuvre en 1994.

 

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

La Venue

Belles saisons obscures

REVUE DE PRESSE

La Venue
Le Magazine Littéraire (01/01/2007), par Jean-Yves Masson

 La poésie de Gérard Bocholier résonne d’une musicalité bien particulière, avec une extrême économie de moyens. Les vers, brefs, avancent souvent par distiques, plus rarement par tercets ou quatrains, dans une sorte de halètement. Il est question ici, sur le ton de la confidence, avec les mots les plus simples, de choses essentielles : le voisinage de la mort, la fragile lumière du divin qui s’annonce quand l’esprit veille (et il ne s’agit pas ici de religion, mais d’abord de foi en la vie), le retour à la nuit mère à qui le poète, après Novalis, décide d’accorder sa « confiance ».
 J’ai cherché un mot pour dire ce que sont ces poèmes. Des élégies ? Pourquoi pas, en effet. Mais non : à y bien songer, ce sont des hymnes. Invoquer est leurt âche : l’invocation ne s’adresse plus aux dieux, mais au silence, mais au vent, à la nuit, à la mort, au jour d’après. Et le chant pour finir, au-delà des mots, s’ouvre sur la prière « qui offre sans mots au plus près / Sa pauvre échelle de lumière ».

La Venue
Ouest France (20/01/2007), par Pierre Tanguy

 Gérard Bocholier qualifie volontiers « d’itinéraire spirituel » son recueil de poèmes intitulé La venue, pas étonnant quand on connaît le parcours de cet auteur familier d’Anne Perrier (dont il préfaça certaines oeuvres) et qui côtoya Jean Grosjean (récemment disparu) à la NRF.
 Son éditeur, Arfuyen – où Bocholier publie pour là première fois – relève que l’auteur « fait entendre une voix très nouvelle, nue et grave ». Tout ici, en effet, n’est qu’épure et parole distillée à voix basse dans des poèmes brefs. Gérard Bocholier qui appelle à « N’obéir qu’au chemin / Qui descend sous le givre », parle d’un lieu où « Vivre s’entend / D’un frôlement de feuille » et où « Dans la paume exulte / Un creux de lumière ».
 Les mots « Fils » et « Lazare » sont, parmi d’autres, des balises dans ce parcours spiri¬tuel. « Grâce », « éternel », « royaume », « coeur », « levain », surgissent aussi, au détour des pages et donnent leur poids de mystère à ces poèmes au ton allusif.
 Gérard Bocholier détient un secret qu’il nous invite à traquer. C’est aussi un défi à la mort qu’il lance dans ce recueil partagé entre sérénité et angoisse.

La Venue
Le Nouveau Recueil (11/01/2008), par Yves Humann

 Pour Gérard Bocholier la poésie est un exercice spirituel (cf. les Notes sur la poésie comme exercice spirituel qu’il a publiées dans le n°87 de la revue Arpa) : « On pourrait dire : un développement, une germination – lente ou fulgurante, cela importe peu – un acte sans cesse repris, tendu vers son parfait et impossible accomplissement. » Le geste toujours recommencé du poème est la tentative réitérée d’approcher l’invisible, de guetter ses signes dans la nature ou de saisir la vérité de la mort dans le passage de l’instant. 
 La Venue, titre messianique, est une prophétie ambiguë ; car ce qui vient, que le poème prépare, est tout à la fois la mort à laquelle il faut s’accoutumer dès à présent, et ce à chaque instant, et le salut qui est contenu dans chacun de ces instants de la vie mourante ou de la mort vivante – comme on voudra. Ainsi, pour le guetteur de l’invisible de l’instant, la peur est indissociable de l’espérance, et on les cultive dans l’effort de présence au monde. Là où est la douleur est aussi peut-être le salut, pour qui y prête attention : « La peur / Qui enfonçait son coin / En tout amour ».
 Aussi Gérard Bocholier touche avec de moins en moins de mots à ce qui se cache dans la lumière et s’exprime dans le silence – ce que Maurice Blanchot appelait le neutre ? L’invisible ou le lieu de la séduction par le tout autre, le plus proche, le plus lointain... C’est ici que le poète s’efforce à se rendre présent à l’invisible, en assumant notre condition, le travail, la violence et l’épaisseur du vécu. Au cœur des ténèbres de cet esclavage, tout ce qui porte figure est un voile sur l’infigurable.
 La poésie de Gérard Bocholier exige une grande disponibilité de son lecteur. La « vision » à peine entrevue échappe rapidement lorsque l’attention (la tension) se détend. La voix de la mort est sans visage, sans bouche. L’exercice spirituel, le poème est l’effort toujours recommencé de déchirer le voile. L’écriture est une prière, une voix comme une tentative d’ouvrir une brèche dans l’opacité du temps (les « lèvres d’encre ») : « Dans le dédale fraie / Passage vers la source ».
 
On n’évoquera pas l’Orient du voile de Maïa, ni celui des Haïkus, car les références au Christ sont très présentes (« l’agonie du Fils »). Jésus n’est-il pas celui qui, en toute rigueur, fait face ? Mais si l’on pense à l’Orient, c’est en raison de l’ascèse et de la densité spirituelle qui font le souffle singulier de cette œuvre attachante (cf. cet extrait de « L’ombre », dernier poème de Jour au-delà  : « ...Ce que veut de toi l’invisible / C’est ta vie nue / C’est ton aveu / Plus haut que l’ultime ligne / De ton cri »)

La Venue
Christus (07/01/2009), par Jean-Pierre Lemaire

 La Venue dont nous parle Gérard Bocholier a lieu au plus épais de notre chair contractée et souffrante où la mort « Gagne toujours / D’un pli d’un souffle ». Comment, dans cette impasse, « un flux soudain » tire-t-il « les vieux verrous d’argile », c’est la vertu de ces vers denses de nous le dire en respectant, par leurs ellipses, le mystère de celui qui vient parmi nous toutes portes closes et nous offre « Son fruit mûr / Sur la nappe blanche ». Les mots sont les miettes tombées de la table où l’amour desserre nos cœurs et nos lèvres ; mais dans ces miettes, comme dans celles du pain eucharistique, le don tout entier nous est proposé.
 La fidélité au réel qui caractérise toute poésie vraie se marque ici par le fait que la lumière n’advient pas au-dessus de la nuit ou seulement après elle, mais dans l’obscurité même du corps où transparaît l’effigie du Crucifié : « Le temps qui tout déchire / Fait entrer l’éternel // Fissures de beauté / De souffrance indicibles // Marques des clous ardentes / Où s’engouffre le jour. » Les « graines de ciel » sont toujours à « mettre en terre ». Alors l’oreille attentive pourra percevoir ce que lui apporte la brise du matin de Pâques.

La Venue
Revue des Sciences Philosophiques et Théologiques (04/01/2011), par Jean-Pierre Jossua

 Voici maintenant le recueil de poésie de Gérard BOCHOLIER que j’ai annoncé et qui vient de paraître chez Arfuyen. Il me donne l’occasion d’évoquer cet excellent poète, né en 1947, et aussi de le remercier de tout le travail accompli depuis 1976 à la revue Arpa. Cinq sections sans titre, un peu diversifiées par leur prosodie mais contenant toujours des poèmes brefs, en vers libres et courts, le plus souvent des ensembles de deux ou trois distiques dont la chute est marquée. La section I est très sombre, évoquant l’infinie souffrance des hommes, les guerres, les prisons, la mort : « Empli de sable / Parce qu’il est tard // Parce qu’il est l’heure / De la déroute // Empli de cendre / Parce que la mort // Gagne toujours : seulement d’un pli de souffle. » La deuxième, brève, nous dit une agonie : seulement sept poèmes, illuminés par une invocation de foi : « Que l’agonie du Fils / Te lave le regard // Qu’elle lisse ton front / La couronne inhumaine // Abrite dans tes mains / Jointes la flamme même. » La troisième est plus énigmatique, adressée à quel « Tu », orientée par l’expérience de quelle transcendance ? « La main tant serrée / Entrouvre sa gloire // La mort dans la boue / Cède sous les sources // Dans la paume exulte / Un creux de lumière. » La quatrième est une hymne à l’Amour, « À la fois, / le plus tendre / Amour / Le plus obscur », remplie d’une respiration d’espérance.
 Un mouvement s’est donc produit du début jusqu’à ce point, vers un éclaircissement, aux deux sens d’une heureuse clarté et d’une clarification. Comme l’indique le premier poème de la cinquième et ultime section, il y avait donc «  Juste ce qu’il faut d’ombre / Pour heurter à cette porte // Juste assez de défaite / Pour traverser ce seuil. »
 Quelque chose comme une foi, quelque chose comme une lecture de l’Évangile peut encore inspirer une création poétique véritable.

La Venue
Nouvelle Revue Française (01/01/2007), par Nelly Carnet

 Voici cinq mouvements qui tournent autour d’une existence s’exprimant dans la souffrance, l’endurance, l’effort et à travers des images aussi matérialisantes que personnifiantes. Le poète dresse un tableau de l’être humain dans un paysage le plus agressif, le plus escarpé qui soit : la montagne et la falaise sont en effet les arrière-plans d’une poésie au rythme régulier dans le premier mouvement composé de distiques à quatre syllabes. Ce rythme martèle la venue de la mort et l’angoisse qu’elle provoque chez celui qui y pense chaque jour.
 La dramatisation initiale qui parle au silence de la mort se poursuit, mais de manière un peu plus ample même si tout le rythme de ce recueil demeure bref. Les vers sont laconiques à l’image des arêtes tranchantes d’un mont. La souffrance évoquée pourrait être celle du Christ représentant de l’humanité : « Que l’agonie du fils / Te lave le regard / Qu’elle lisse à ton front / La couronne inhumaine / Abrite dans tes mains / jointes la flamme même. » Tous les éléments de la symbolique chrétienne dans le sens d’une humanisation et d’un dépassement de la barbarie sont présents : fils, couronne d’épines, prière et possibilité d’une lumière par rédemption et espoir.
 Le tutoiement qui accompagne les images s’adresse aussi bien au poète lui-même qu’à quiconque désirerait tendre vers ce verbe rédempteur qu’incarné la parole poétique dotée d’une certaine sensualité, et qui pourrait fort bien devenir une représentante idéale, remplaçant celle plus religieuse. « La parole restée / Au bord / Cette rosée gouttant / Aux commissures / Cherchait l’obscur sillon / À remplir / Par amour. »
 Tout se nimbe d’un double visage intense : l’obscurité où le drame fait l’Histoire et la lumière qui délivre, ressuscite, fait croire à un renouveau, dépasse le simple sentiment tout comme l’Amour. Ce qui donne à l’ensemble un lyrisme mesuré et grave, accompagné d’une nostalgie de l’enfance au cœur des vignes, image qui s’entoure de tous les morts dont les tombeaux traversent discrètement le recueil. « Désert toujours plus grand / La nuit pourtant poussée I Amour / Par ton désir. »
 Ainsi, le verbe se retourne sur lui-même après setre porté au devant. La nature le porte dans son remuement fertile. « Il reste encore un chant / À sortir de sa gangue / De pierre où dort Lazare / Pour soulever la nuit / Une barque invisible / À lâcher vers la mer. »

La Venue
Texture (30/09/2012), par Françoise Siri

 Enfant, Gérard Bocholier accompagnait le curé du village dans sa visite aux agonisants. Adulte, il se souvient du visage des morts et leur donne le dernier apaisement. Les poèmes succèdent aux prières. Et puis vient le moment où ceux qui meurent sont ceux qu’on aime. Dans La Venue, Gérard Bocholier accompagne le départ de l’être aimé, et nous livre le secret de son acceptation : sa foi dans le Christ.
 Dans les premières pages, la mort n’est pas encore là, mais elle plane dans son large spectre et taraude le poète. Le rythme martèle quatre temps dans une musique entêtante, redoublée par une série de quatre distiques. Puis la mort s’approche d’un corps : « Ton corps tout près / Son verrou d’ambre/ Lampe happée / Par les ténèbres ». Le poète appuie son front sur la vitre de la mort, et s’interroge sur ce corps mourant – trouvera-t-il un chemin ? « Une falaise / Contre les vitres // Comment passer / Ne pas se perdre // D’un cœur qui dresse / Contre la mer / La verticale / De tout silence » 
 Au chevet de la personne agonisante, peu à peu, le battement du cœur ralentit, la série de distiques s’allège, le poème respire, même si l’angoisse reste présente. On la redoutait mais au moment où la mort est là, on l’accueille dans le calme. Un agonisant n’a plus de mot, sauf le dernier soubresaut, le léger filet de voix : « Si basse maintenant / La voix qu’on croyait tue ». Il reste le silence et la présence pour communiquer, avant la mort, comme après la mort : « Dans le cœur desserré / Le silence et rien d’autre ». La main du mort se relâche, baignée de lumière : « La main tant serrée / Entrouve sa gloire // La mort dans la boue / Cède sous les sources // Dans la paume exulte / Un creux de lumière » 
 Au fil des pages, la mort du Christ, revécue à travers la mort des êtres chers, et sa résurrection (La Venue), soutient le poète. Et la mort de l’être aimé ouvre sur la lumière du Christ, qui est Amour. Le recueil s’achève sur l’aurore qui se lève doucement. Le poète se tient entre le monde des vivants et celui des morts, là où « vivre s’entend / D’un frôlement de feuille ». La Venue est un beau livre pour accompagner nos deuils.

Belles saisons obscures
La Cause littéraire (17/11/2012), par Didier Ayres

 La poésie contemporaine (que je ne détache pas du corpus de la poésie en général) cherche. Les poètes sont aux prises avec les possibilités infinies du langage en même temps que défaits par avance par le sujet qui les occupe, et sont donc aujourd’hui en ce sens plus des chercheurs que des créateurs. Je dis cela d’une façon un peu nonchalante, je l’avoue, mais je crois que la part du chercheur est très belle. Dans ce sens, il faut faire confiance au chemin que l’on fait en compagnie de la poésie d’aujourd’hui.
 Or voici que quelques jours avant la Toussaint, je traverse le dernier recueil de Gérard Bocholier – que je connais un peu grâce à une entrevue au café Costes du Centre Georges Pompidou –, lequel est animateur d’une revue très sérieuse de littérature contemporaine, revue souvent bien illustrée. Et j’ai bu d’un seul trait, pourrait-on dire, comme on boit un alcool fort, une eau de vie violente, ce livre Belles saisons obscures que publie le très intéressant éditeur Arfuyen. On me pardonnera ainsi les imprécisions, la nervosité de mes paroles qui ne sont que le développement rapide de quelques mots pour cette chronique, qui essaye d’illustrer ce livre dont la couverture représente un ciel d’orage qui convient bien à l’atmosphère de l’ouvrage.
 On rentre lentement dans ce recueil, en s’imprégnant de l’univers physique du poème, de la ville, de la forêt, de la mer et on s’accroche soudain à une paume, à un visage, une odeur forte qui ressemble au désir. Il faut donc poursuivre. Pour connaître en quoi cela concerne, en quoi cela fait effet poétique. Or, comme je suis pris par les conditions matérielles de ma rédaction – je ne suis sur ce bout de table dans ma salle qu’avec un dictionnaire encyclopédique – l’image du détail de L’Orage de Georges Michel me hante et me pousse vers ce titre, Ciel d’orage ne pouvant laisser sans réagir ces insectes pris dans la splendeur ni cet orage bleu.
 Grande sobriété parfois pour parler d’une nuque, du corps immense et jeune qui laisse entrer une part de sensualité dans le poème à cause de son immensité par exemple – car la jeunesse est en un sens infinie, ouverte et brève. Poèmes sans ponctuation, en italique parfois, qui prennent des allures d’incantation, de chant, de psalmodie. Je n’oublie donc pas pour ma part que le poème est une adresse, une lancée vers autrui, un acte communicationnel qui requiert de l’absence, de l’appel, comme le font par exemple les « Chants du veilleur », un des en-têtes du recueil. « Saisir l’appel de celui qui approche / Le front étoilé par les morts / Goûter / La moindre rosée avant l’aube / À la cime brûlée des herbes. » Qui appelle ? Le poète lui-même ? Et vers qui ? Une divinité ? Est-ce plus simplement une voix intérieure ? Est-ce une interrogation portée vers Autrui – car parfois le Tu porte une majuscule ? Le Prochain ? Un Aubain ?
 Citons in extenso ce beau poème de la page 92 : « Rien n’a surgi / De derrière les arbres / La ligne sur le ciel / Est restée immobile / Pourtant la flamme a vacillé / Et j’ai senti comme une haleine / Une présence qui appuyait sa paume / Contre ma nuque / J’aurais tant voulu arracher au feu / Ses paroles sur l’invisible. » Sommes-nous confrontés à la présence rétinienne d’une personne bouleversée par une apocalypse de la mer ? Épaules, là aurait pu être l’autre titre de cette petite chronique. Je n’oublie pas néanmoins un exergue possible du verset 1 du chapitre I de l’Évangile de Jean, que tout le monde connaît.

PETITE ANTHOLOGIE

La Venue
(extraits)

Ô vieux silence
Comme tu trembles

Tes mains serrant
Leur poids d’argile

Leur poids de sang
Terre invisible

Où toute nuit
Se pétrifie

*

Tant de poings nus
Pour tant de chaînes

Si l’on avance
L’air se dérobe

Tous les appels
Les cris se perdent

Le vide avale
L’espoir qui reste

*

Cette menace
Aurait suffi

Son œil de cendre
Au bord du ciel

Mais cet étau
Sans plus de nom

Ces deux mâchoires
Qui se referment

*

Ton corps tout près
Son verrou d’ambre

Lampe happée
Par les ténèbres

Cage fébrile
Close en son sang

Ton corps si loin
Au bout des lèvres