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William BLAKE

(1757 - 1827)

 William Blake est né à Londres en 1757. Il n’ira jamais à l’école. Dès l’enfance, c’est le dessin qui l’intéresse. A 14 ans, il entre comme apprenti chez un graveur et à 21 ans s’établit à son propre compte. Il se passionne pour Michel-Ange et pour l’art chrétien du moyen âge.
 La Vie de sainte Thérèse compte parmi ses livres favoris et il est fervent des textes de Fénelon et Madame Guyon. Plus tard il se tourne vers les théories de Swedenborg, qu’il rejettera cependant violemment à la fin de sa vie.
 Il se marie en 1782 et prend comme élève son jeune frère, Robert dont la mort, en 1787, sera l’une des plus dures épreuves de sa vie.
 Après les Songs of Innocence (1789), trois livres suivent immédiatement The Books of Thel (1789), The Marriage of Heaven and Hell (1790-1793) et les Songs of Experience (1789-1794).
Blake illustre aussi d’autres poètes, tels que Milton, Young et Gray.
 A partir de 1809, Blake vit de plus en plus seul. Il écrit et dessine énormément mais vend très peu. Son dernier grand travail de graveur porte sur la Divine comédie de Dante.
 Le 12 août 1827, alors qu’il vient de terminer une nouvelle version de « l’Ancien des Jours », son œuvre préférée, Blake regarde fixement le visage de sa femme. Il dessine son portrait à la hâte et rend son dernier souffle en chantant des hymnes de louange.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Les Chants de l’Innocence

1° éd.


Les Chants de l’Expérience

1° éd.


Le Mariage du Ciel et de l’Enfer

1° éd.


L’Évangile éternel

1° éd.


Les Chants de l’Innocence et de l’Expérience

2° éd.


Le Mariage du Ciel et de l’Enfer

2° éd.


Le Mariage du Ciel et de l’Enfer

Le Mariage du Ciel et de l’Enfer

Les Chants de l’Innocence et les Chants de l’Expérience

PETITE ANTHOLOGIE

Les Chants de l’Innocence et de l’Expérience
traduit par Alain suied.
(extraits)

Le petit enfant noir

Ma mère m’a enfanté dans le Sud sauvage
Et je suis noir, mais mon âme est blanche ;
Blanc comme un ange est l’enfant d’Angleterre,
Moi, je suis noir, comme privé de lumière.

Ma mère me donnait la leçon à l’ombre d’un arbre,
Assise, avant que la chaleur ne gagne,
Elle me tenait sur ses genoux et m’embrassait,
Et désignant l’Est, commençait à parler :

« Regarde le soleil levant : c’est là que Dieu vit,
Et offre sa lumière et offre sa chaleur ;
Et les fleurs et les arbres et les bêtes et les hommes
Reçoivent réconfort au matin et joie dans le jour.

« Et nous sommes sur la terre un court instant
Pour apprendre à supporter les rayons de l’amour,
Et ces corps noirs et ce visage brûlé de soleil
N’est qu’un nuage, n’est qu’un buisson d’ombres.
 »(...)


Londres

... Dans chaque cri de chaque homme,
Dans chaque cri de peur des enfants,
Dans chaque voix, dans chaque interdit,
Ce sont des menottes forgées par l’esprit que j’entends.

Le cri du Ramoneur
Effraie chaque Église noirâtre,
Et le soupir du Soldat triste
Coule sang sur les murs du Palais.

Mais par-dessus tout, par les rues de minuit
J’entends la malédiction de la jeune prostituée
Sur les larmes de l’Enfant nouveau-né,
Et sa peste flétrir le corbillard du Mariage.


Le Mariage du Ciel et de l’Enfer
traduit par Alain Suied
(extraits)

 Les Poètes de l’Antiquité donnaient pour âmes aux objets du monde sensible des Dieux et des Génies, et pour noms et pour attributs ceux des bois, des rivières, des montagnes, des lacs, des villes – tout ce que leurs nombreux sens dilatés savaient percevoir.
 Ils étudièrent particulièrement le génie de chaque ville, de chaque pays, et le placèrent sous l’égide de sa divinité mentale ;
 Jusqu’à ce que se constitue un système, dont certains tirèrent profit, réduisant les masses à l’esclavage en cherchant à donner forme aux divinités mentales ou à les abstraire de leurs objets : c’est ainsi qu’apparut le Clergé,
 Ils choisirent les formes du culte d’après les contes des poètes.
 Et ils proclamèrent que les Dieux eux-mêmes avaient ordonné toutes ces choses.
 Alors les hommes oublièrent que Toutes les divinités résident dans le cœur de l’homme.

*

 Il n’y a pas une seule Vertu Morale enseignée par Jésus qui ne l’ait été avant lui par Platon et Cicéron.
 Quel fut donc l’enseignement du Christ ? Le pardon des péchés.
 Cela seul est l’Évangile, et voilà la Vie et l’Immortalité que Jésus a portées à la lumière, et c’est l’Alliance même de Jéhovah, qui consiste en ceci :
 Si vous vous pardonnez l’un à l’autre vos fautes, Jéhovah vous pardonnera, et il demeurera lui-même parmi vous.
 Mais si vous vous vengez, vous Tuez l’Image de Dieu2, et il ne peut demeurer parmi vous.
 Parce que vous le Tuez, il ressuscite. Vous ne voyez pas qu’il est Ressuscité, et vous êtes aveugles à l’Esprit.

*

Jésus était-il humble ? Ou a-t-il
Donné des signes de son Humilité ?
Quand, encore enfant, il s’est enfui,
Laissant ses parents en désarroi,
Quand ils eurent erré trois jours durant,
Voici quelles paroles sortirent de ses lèvres :
« Je ne confesse pas de Parents sur cette terre.
« Je m’occupe des Affaires de mon Père !
 »
Lorsque le Pharisien riche et cultivé
Vint le consulter en secret,
Sur son cœur, d’une plume de fer,
Il écrivit : « Tu dois naître à nouveau. »
Il était trop Fier pour se laisser acheter :
Il parla avec autorité, non comme un Scribe.(...)
Dieu ne veut pas que l’Homme s’humilie :
C’est le Piège tendu par le Vieux Démon.
Humble envers Dieu, fier envers l’Homme,
Telle est l’Épreuve que Jésus a courue.
Et lorsqu’il s’est abaissé devant Dieu
Sur lui tomba le cruel châtiment :
« Si tu t’humilies, c’est Moi que tu humilies.
« Toi aussi, tu demeures dans l’Éternité.
« Tu es un Homme : Dieu n’est pas plus.
« Apprends à Vénérer ta propre Humanité
« Et répands ta Vengeance en tout lieu
« Dans les terreurs du Jugement Dernier. 
« La Miséricorde Divine et sa Longue Souffrance
« Ne sont que le chemin du Pécheur vers le Jugement.
« Toi sur la Croix, tu pries pour eux
« Tu prendras ta Revanche au Dernier Jour. 
« Quoi que tu fasses, cette vie est une Fiction
« Et sa teneur même est la Contradiction. »