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Gérard BOCHOLIER

Belles saisons obscures

Collection Les Cahiers d'Arfuyen n°204, ISBN 978-2-845-90178-0

10 €

Après La Venue (2006), Belles saisons obscures est le second livre de poésie de Gérard Bocholier publié par les éditions Arfuyen. 

Co-fondateur de la revue Arpa, Gérard Bocholier la dirige depuis 1984. Critique littéraire, il a écrit des chroniques dans la NRF, à la Revue de Belles Lettres (Genève) et au Nouveau Recueil. Il a publié deux essais sur Pierre Reverdy, le phare obscur (Champ Vallon, 1984) et Baudelaire en toutes lettres (Bordas, 1993). Il a présenté les œuvres complètes du grand poète de Suisse romande Anne Perrier (1996) et de Béatrice Douvre (1998).

Mais surtout il est l’auteur d’une une vingtaine de livres de poésie, parmi lesquels : L’Ordre du silence (Chambelland, 1975), Poussière ardente (Rougerie, 1987), Secret des lieux (Rougerie, 1990), Un chardon de bleu pur (Table Rase, 1992), Du feu jeté (L’Arrière-Pays, 2004), Le démuni (Tarabuste, 2004), La Venue (Arfuyen, 2006), Jours au-delà (Rougerie, 2006), Abîmes cachés (L’Arrière-Pays, 2010), Psaumes du bel amour (Ad Solem, 2010)

Lors de la parution de la Venue, Jean-Yves Masson évoquait en ces termes la poésie de Gérard Bocholier : « La poésie de Gérard Bocholier résonne d’une musicalité bien particulière, avec une extrême économie de moyens. Les vers, brefs, avancent souvent par distiques, plus rarement par tercets ou quatrains, dans une sorte de halètement. Il est question ici, sur le ton de la confidence, avec les mots les plus simples, de choses essentielles : le voisinage de la mort, la fragile lumière du divin qui s’annonce quand l’esprit veille (et il ne s’agit pas ici de religion, mais d’abord de foi en la vie), le retour à la nuit mère à qui le poète, après Novalis, décide d’accorder sa ‘‘confiance’’ » (Magazine littéraire, janvier 2007).

Belles saisons obscures est construit en trois mouvements : « Consentir à la nuit », « Jeunesse des morts » et « Le veilleur ». Comme dans la Venue, le poème est ici guetteur d’une approche qui n’a pas de nom : « Je ne sais qui je dois attendre / Mais j’ai vu ses pas dans l’allée / Où l’hiver noir encore rampe / Senti sa paume transparente ».  

Le premier mouvement est d’inquiétude devant l’étrangeté du monde. Partout semble rôder une menace : « De grands draps de nuit / Arrachés par les souffles / Tombent des fenêtres / Dans les ravins du ciel // On n’entend plus rien / Qu’une légende noire / Qui s’ébruite au fond / De forêts dévorées ».  

Long est l’apprentissage du consentement. Mais il fait place alors à une paix toute nouvelle. À la fin du deuxième mouvement vient une suite de poèmes intitulée « Ce qu’a dit la mort », et voici le dernier de ces poèmes : « Vois l’heure vient / Mais nous nous sentons si proches / À peine le drap se froisse / Comme l’aïeule bien-aimée / Doucement je t’ouvre la porte / Ma soif est ta soif étanchée ». La même image du drap est revenue : la première fois arraché, mais ici à peine froissé.

En évidente symétrie à « Ce qu’a dit la mort » s’inscrit dans la troisième partie la suite de poèmes « Chants du veilleur » : « Ô nuit si jeune / Tu viens combler / Tous les ravins / De cœur à cœur // Ton incendie / Veut tout brûler / À l’infini / Tout dévorer » Et ici encore l’image du ravin : mais la première fois abîme insondable, ici comblé et comme illuminée d’un amour dévorant, « cœur à cœur ». Mais toujours cette même pudeur du poète : « Toujours la même renaissance / Et toujours dans mon cœur ces coups / Leur ultimatum au silence / Le maître dit N’en parle pas ».