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Matsuo BASHO

(1644 - 1694)

 Durant l’hiver 1680, Matsuo Munefusa s’installe dans un ermitage situé sur la propriété d’un de ses disciples. Un bananier y étant planté par ses admirateurs, le lieu reçoit le nom de Bashô-an (retraite au bananier), nom que Munefusa adopte des l’année suivante.
 C’est à cette époque que Bashô fait paraître avec trois de ses disciples un recueil qui marque le point de départ d’une nouvelle école du haïku, l’école Shomon.
 Dans les années qui suivent, Bashô publie les trois recueils de la province d’Owami.qui comptent parmi les plus accomplis de son école : Fuyu no hi (Jours d’hiver), Haru no hi (Jours de printemps) et Arano shu (Friches). 

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Jours de printemps

REVUE DE PRESSE

Jours de printemps
La Vie spirituelle (09/01/1989), par Gilles Barnaud

 Depuis plusieurs années, les cahiers Arfuyen se sont consacrés à la publication de poètes et mystiques de toutes traditions. Au cours de cette recherche – et l’édition peut s’apparenter parfois à une véritable quête spirituelle –, ils ne pouvaient manquer de rencontrer le haiku, court poème de 17 syllabes qui est depuis trois cents ans au coeur de la tradition poétique japonaise, et qui a fasciné une partie de la poésie occidentale de ces cinquante dernières années, d’Ezra Pound à Yves Bonnefoy et Philippe Jaccottet. Arfuyen présente au public français trois parmi les plus grands « haikuïstes » japonais, Bashô, Buson et Issa, dans des traductions fort belles. Celles-ci sont, de l’avis des spécialistes, fidèles à l’esprit de l’original et, autant que faire se peut, à sa forme.
 Bashô (1644-1694), père du haiku, célèbre entre tous et pour cette raison le plus traduit, n’est sans doute pas le plus directement abordable pour un lecteur occidental. Plus encore que d’autres son ceuvre réfère à toute la culture japonaise – ses admirables Journaux de Voyages en témoignent –, et particulièrement aux courants esthétiques et spirituels inspirés du bouddhisme. A des degrés divers, cela est d’ailleurs vrai de tous ces poètes, dont il est aussi absurde de faire des auteurs « mystiques » que de les laïciser suivant des catégories occidentales inapplicables en Extrême-Orient. Les critiques et traducteurs français n’ont pas toujours résisté à ce petit jeu.
 Bashô est l’homme du voyage, géographique mais aussi spirituel et poétique (« Cela me fait sourire / un printemps à nouveau / sous le ciel du voyage »). Parfois cela l’angoisse (« Cloches muettes / que fait donc ce village / soir de printemps »), mais la route est aussi l’occasion d’émerveillements nouveaux (« Epuisé / je cherchais une auberge quand / ces fleurs de glycine »). C’est de ces émerveillements que vont naitre les poèmes, émerveillement qui est éveil (« Nées du dégel / pour mon pinceau recueillies / quelques gouttes d’eau pure »), c’est par l’écriture que la sensation encore obscure va se muer en expérience tangible, offerte à tous (« Que jaillisse un poème / différent de moi / premier cerisier »).

PETITE ANTHOLOGIE

Jours de printemps
traduit par Alain Kervern
(extraits)


chemins de montagne
une odeur de prunier
et soudain le point du jour

*

nées du dégel
pour mon pinceau recueillies
quelques gouttes d’eau pure

*

chute d’un pétale
et de la goutte captive
fleur de camélia

*

les tendres neiges de Kiso
transpercées
printemps des herbes