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Silvia BARON SUPERVIELLE

Autour du vide

Image de couverture de Geneviève Asse

Collection Cahiers d'Arfuyen n°177, ISBN 9782845901261

13 €
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 Ce quatrième recueil chez Arfuyen marque une étape nouvelle d’une étroite collaboration. Il est illustré en couverture d’une œuvre originale de Geneviève Asse, avec qui Silvia Baron Supervielle a publié Un été avec Geneviève Asse, entretiens, (L’échoppe, 1996).
 La clef du titre de ce nouveau recueil est donnée par un des derniers poème : « autour du vide // je me dénude / pour m’unir // au profil / en suspens / aérien ». Plus encore que les recueils précédents, ce livre est une méditation tenue autour d’un thème unique. Autour du vide  : ce titre désigne à la fois un thème et l’espace où s’inscrit le poème : comme un corps autour d’un vide central. Et l’on ne peut s’empêcher de penser ici au titre du recueil de François Cheng : Le livre du vide médian, en référence directe, chez le poète chinois, avec la tradition taoïste.
 Il y a un vide au cœur de toutes choses et au cœur de nous même et c’est dans ce vide que se trouve l’essentiel. Approche paradoxale qui renvoie, dans la tradition occidentale, à la théologie négative de Maître Eckhart, dont François Cheng tout comme Silvia Baron Supervielle se sentent proches. L’écriture est expérience intérieure, et cette expérience est d’abord celle du vide : « j’écris encore // avec la corde / du corps / sur l’abîme // comme avant / de lâcher / le vide ». Espace immense aux multiples échos, aux subtiles résonances : « le vide projeté / contre la vague / fouette le vent / qui heurte // propage le cri / convoité » 
 Vide par instant étouffant tellement il se propage en nous et prolifère, comme un cri qui ne pourrait sortir de la gorge : « où dévier / le vide // qui cherche / la sortie » L’écriture est précisément ce moyen d’apprivoiser la menace que fait peser l’extension continue du vide en nous, la possibilité de lui donner une issue. Dans le poème les mots sont pleins de vide, ruisselants encore du silence étouffant dont ils ont jailli.
 Mais ils disent aussi une autre expérience du vide. Quand le vide intérieur trouve dans un vide plus profond encore son issue : « le vide ici saisi / par un vide plus / vaste et plus / lucide et plein / lance son long / vol habité » Et l’image est ici à nouveau aérienne, spacieuse : celle du vol comme tout à l’heure c’était celle du suspens. Expérience d’un vide libérateur, d’une plénitude de vide qui s’identifie avec celle de l’amour, d’un amour autre, inconnu, miraculeux : « stupéfaction / du vide inerte / du sang // quand l’amour / le comble »