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 MAXIMINE

Au front des sapins

Image de couverture de Michel Rolandez

Collection Cahiers d'Arfuyen
n°160, ISBN 2845900783

13 €

Ce nouvel ouvrage de Maximine confirme la qualité exceptionnelle de cet œuvre rare et profondément originale, dont Arfuyen a été le découvreur en 1992 avec L’ombre la neige.  Chez d’autres éditeurs, Maximine a publié : Quotidienne à son amour (Paroles d’aube, 1998) et Les Visiteuses, suivi de Quelques lilas (Maison de Poésie, 2003).

En tant que traductrice, Maximine a publié chez Actes Sud une traduction nouvelle des Élégies de Duino, de Rainer Maria Rilke (1991). Une partie de ses traductions des Sonnets à Orphée a été publiée dans la revue Caravanes, une autre aux éditions du Bois d’Orion.

En quatrième de couverture de son précédent ouvrage, Un Cahier de pivoines, figurait cette éclairante réflexion de l’écrivain Paul de Roux (Gallimard) : « De nos jours, dans la filiation conjuguée de Louise Labé et d’Édith Piaf, se fait entendre une voix tout à tour passionnée ou plaintive, dont l’un des mérites est de se ficher éperdument des modes littéraires. » L’écriture de Maximine est ainsi : aussi virtuose et élégante que Louise Labé, aussi puissante et émouvante qu’Édith Piaf. 

Le grand poète Jean Mambrino définit avec non moins de bonheur la tonalité du nouveau livre de Maximine : « Après les pivoines et les lilas, ce sont ici les sapins sévères qu’elle dresse devant nos yeux, comme des gardiens irrécusables. Les vifs octosyllabes ralentissent un peu leur pas, jusqu’à l’immobilité d’une contemplation urgente. Le chant se fait plus grave, et parfois douloureux, malgré des souvenirs d’enfance qui introduisent une paix dans la solitude austère des monts vêtus de neige. Tout est prêt alors pour la vision d’un autre monde : ‘‘Ô refus des assauts du blanc ! / On dirait les morts enlisés / – Lentement ils se sont levés – / Qui marcheraient vers les vivants’’. »

Les poèmes d’Un cahier de pivoines donnaient une centaine de croquis de pivoines, « prises sur le vif », de leur naissance à leur splendeur et à leur décadence, qui figuraient tout le mystère de notre destinée. C’est ici un ensemble de textes en l’honneur des sapins de son enfance jurassienne. Arbres austères, rigoureux, processionnaires, mais aussi insolents, irréductibles au froid et à la solitude, accueillants aux loups et aux maquisards. Le « front des sapins » est ainsi ligne de front, comme front altier, ou front d’oser l’impossible.

Toujours la même dure leçon de vie et de résistance que nous livrait Maximine dans’un entretien paru en 1992 : « Nos vies nous sont données, et reprises. Des êtres qu’on aime s’en vont. C’est très simple. C’est atroce. C’est l’ombre noire et l’hiver glacé qu’on ne peut plus prendre “à la légère”. Mais la poésie nous aide à nous battre, à vivre "contre" la mort. »