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Oscar WILDE

Ainsi parlait Oscar Wilde

Dits et maximes de vie

Sortie en librairie le 26 janvier 2017
Traduit de l’anglais par Gérard Pfister
BILINGUE ANGLAIS-FRANÇAIS

Collection « Ainsi parlait »
n° 9 , 168 pages, ISBN 9782845902435

13 €

À force de dandysme, Wilde a réussi à faire oublier qu’il était un écrivain de grande tradition classique. Sa hauteur de vue et son intransigeance lui ont permis d’être lucide sur la mutation culturelle qui commençait de se produire dès son époque : « Autrefois, écrit-il, les livres étaient écrits par les hommes de lettres et lus par le public. Aujourd’hui ils sont écrits par le public et personne ne les lit. » Mieux qu’aucun, autre, il a su en tirer les conséquences, jusqu’à devenir une icône de la culture de masse, seulement comparable aux idoles pop du XXe siècle.

Les bons mots célèbres de Wilde lui valent une réputation de mondain. C’est l’un de ses masques, il en a bien d’autres : « En art, note-t-il, est vérité ce dont le contradictoire est également vrai. » L’artiste est celui qui, prenant le risque d’assumer ses identités multiples, est le plus créatif et le plus vrai : « Je traitai l’Art comme la réalité suprême, et la vie comme une simple modalité de la fiction ; j’éveillai à tel point l’imagination de mon siècle qu’il créa autour de moi un mythe et une légende. » L’Art comme réalité suprême. L’artiste comme mythe et légende vivante, créés par son propre génie : Salvador Dali, Andy Warhol, David Bowie. Wilde inventeur de la modernité.

Mais aussi Wilde l’Irlandais, autonomiste acharné, proclamant : « Je ne suis pas anglais. Je suis Irlandais, ce qui est tout autre chose. » C’est par son ressentiment et son mépris à l’égard de la société anglaise qu’il faut comprendre ses outrances et provocations. Il se voit comme David contre Goliath : car « l’exil a été pour les Irlandais ce que la captivité a été pour les Juifs. »

Contre les Anglais, Wilde a d’autres alliés : les Grecs : « Nous sommes une nation de brillants ratés, mais les plus grands causeurs depuis les Grecs. » Dès le collège, il lit à livre ouvert Homère et Eschyle. À Oxford il excelle dans les humanités classiques. Sa croisade sera d’imposer aux Anglais un « nouvel Hellénisme ». Écoutons Yeats : « Je vois dans sa vie et dans ses œuvres une extravagante croisade celtique contre la stupidité anglo-saxonne. » C’est ce Wilde-là que l’on découvrira dans ce livre : courageux, génial et drôle.

Après trois philosophes (Sénèque, Lulle et Paracelse), trois écrivains (Shakespeare, Dickinson et Novalis) et deux maîtres spirituels (Eckhart et Thérèse d’Avila), ce neuvième volume de la collection « Ainsi parlait » est consacré à un personnage clef de la culture moderne, Oscar Wilde (1854-1900).