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ADONIS

(1930)

 Né en 1930 en Syrie dans le village de Qassabin, entre Tartous et Lattaquié, Ali Ahmad Said a très tôt pris le nom de Adonis.
 Après des études supérieures à l’Université de Damas et une activité politique dans diverses organisations syriennes, Adonis s’est vers 1955 établi à Beyrouth.
 Avec Yusuf al-Khal il fonde la revue poétique Shi’r où sont publiés pour la première fois beaucoup des noms les plus importants de la littérature arabe contemporaine.
 En 1960, Adonis prend la nationalité libanaise.
 L’année suivante, paraît son troisième recueil, Les chants de Mihyar le Damascène, qui marque une étape considérable dans le renouvellement des formes et des thèmes de la poésie de langue arabe. Se projetant dans le personnage mythique de Mihyar, dont l’affinité avec les grands poètes soufis Hallâj et Niffari est aisément reconnaissable, Adonis appelle à l’urgence d’un sursaut et d’une libération spirituels.
 Poursuivant de front des activités d’universitaire et de journaliste, Adonis crée en 1968, la revue Mawaqif qui, dépassant le domaine poétique, se préoccupe de l’ensemble des mutations politiques et culturelles du monde arabe.
 Les nombreux articles critiques publiés par Adonis dans cette revue confirment la profondeur du changement qu’il introduit dans l’écriture poétique arabe.
 Reconnu comme l’un des plus grands écrivains arabes de sa génération, Adonis a été distingué en 1970 par l’International Poetry Forum Award.
 Son oeuvre commence alors à être traduite dans un grand nombre de langues étrangères, avec un bonheur très inégal qu’expliquent la richesse de son vocabulaire et l’originalité de sa syntaxe.
 Adonis est lui-même le traducteur en arabe d’oeuvres de Saint John Perse et de Georges Schéhadé.
 En France, il a été traduit en volume pour la première fois par les Editions Arfuyen en 1982.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Chant de Mihyar le Damascène

PETITE ANTHOLOGIE

Les Chants de Mihyar le Damascène
traduit par Anne Minkowski
(extraits)


Le voyageur

Voyageur, j’ai laissé mon visage
sur le verre de ma lanterne
Ma mappemonde est une terre sans créateur
le refus est mon évangile


Le dieu mort

J’ai brûlé aujourd’hui le mirage du sabbat
et le mirage du vendredi
Aujourd’hui j’ai jeté le masque familier
j’ai remplacé le dieu aveugle de la pierre
et le dieu des sept jours
par un dieu mort


Île de pierres

Une île de pierres
et d’étincelles
prend naissance
autour de mes pas

Ses vagues sont figées
ses rives en mouvement


La pointe du monde

Peu m’importe le possible
joies ou douleurs
Dans mes hymnes j’invente un évangile
je cherche un refuge
un monde qui commence
à la pointe du monde