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Gérard PFISTER

Ce que dit le Centaure

Favola in musica

SORTIE EN LIBRAIRIE EN JUIN 2017
Collection « Les Cahiers d'Arfuyen »
n° 232, 200 pages, ISBN 978-2-845-90255-8

16 €

Ce livre paraît après le triptyque intitulé La Représentation des corps et du ciel, composé de trois oratorios : Le grand silence (2011) ; Le temps ouvre les yeux (2013) et Présent absolu (2014), ce dernier suivi d’un essai, « Un art du peu ».

Ce que dit le Centaure s’inscrit dans la même recherche, qu’il pousse à de nouvelles limites. Marqué par la leçon de radicalité et de liberté du dadaïsme et de la mystique rhénane (les deux en fait profondément liés), Gérard Pfister poursuit à travers romans, essais et poésie une quête unique.

Le poète est un dompteur de mots. Car les mots sont des forces dangereuses qui, on le voit tous les jours, rendent aveugle, fou, meurtrier. On ne se méfie jamais assez de ces faux amis. Le poème est une catharsis pour nous libérer de leur illusion : « Si, depuis toujours et comme par nécessité, le langage est illusionniste et, prétendant nous faire accéder à la réalité, nous en éloigne au contraire pour nous reclore dans un monde de fiction, l’homme n’a d’autre recours que de tenter une parole qui se donne elle-même pour représentation afin que, le rideau du théâtre levé, sous la lumière impitoyable du mythe se révèle le drame de ces forces désirantes que le langage toujours appelle, toujours égare, toujours déçoit. »

À quoi bon la poésie aujourd’hui ? Pour nous libérer – par un retournement comparable à « l’effet de distanciation » décrit par Brecht – de l’aliénation et de la servitude qu’impose un langage de plus en plus réduit à une pseudo-communication : « La parole se doit de ne pas rester dupe ni complice de ses propres prestiges mais, les ayant enfin percés à jour et asservis à son désir, de s’assumer comme représentation et révélation de sa propre fiction. C’est à ce prix seulement que la poésie, débarrassée de ses oripeaux et ses grimaces de vieille magicienne, peut être digne enfin de la raison humaine, non plus aliénante et infantilisante, mais éclairante et libératrice. »

L’enjeu, c’est notre dignité d’homme, notre liberté : « Sur la scène, ce ne sont que des mots et ce qu’ils jouent, ce n’est que leur histoire. Et notre joie est dans cette représentation et cette révélation qui nous libèrent de l’illusion du langage. » Le titre de la préface, « Un théâtre de mots », résume l’ambition dramaturgique de cette poésie dont l’espace intègre naturellement musique et peinture. Dans ce « mythe en musique » (terme emprunté à L’Orfeo de Monteverdi), les forces de la parole se personnifient, se déchirent, se défient pour qu’enfin triomphe le chant.

Léon BLOY

Ainsi parlait Léon Bloy

Dits et maximes de vie

SORTIE EN LIBRAIRIE EN JUIN 2017
Collection « Ainsi parlait »
n° 11, 176 pages, ISBN 978-2-845-90254-1

13 €

2017 marque le 100e anniversaire de la mort de Léon Bloy, le 3 novembre 1917, et sera l’occasion de nombreux hommages à l’auteur du Désespéré et de L’Exégèse des lieux communs. Car Léon Bloy a profondément influencé des écrivains majeurs de la modernité comme Céline, Bernanos ou Ernst Jünger et reste aujourd’hui une référence majeure pour beaucoup de lecteurs et d’écrivains.

Après dix volumes consacrés à des auteurs étrangers, la collection « Ainsi parlait » s’ouvre au domaine français pour rendre hommage à ce génial créateur. C’est l’écrivain Yves Leclair qui assure le choix et la présentation de ces dits et maximes de vie, recueillis dans l’immensité d’une œuvre si souvent citée et si peu connue tant elle est variée et déconcertante par son caractère direct, intempestif voire polémique.

L’œuvre de Bloy est tellement vaste et diverse que très peu de gens peuvent prétendre l’avoir lue en entier. Or elle recèle partout des pépites. La collection « Ainsi parlait » permet d’avoir enfin une juste approche de cette œuvre inclassable. Plus de 300 fragments contenant toute la paradoxale sagesse de Bloy, « entrepreneur de démolitions » tel qu’il se qualifiait lui-même, sont ici recueillis et présentés, dans leur chronologie et avec leurs exactes références.

Car chacun sait la prodigieuse richesse de cette œuvre visionnaire, écrite dans une langue nerveuse et magnifique. Mais qui se lance vraiment dans la lecture de tous ces terribles romans, dans ce torrentiel journal, dans tous ces extravagants pamphlets, dans ces innombrables lettres ?

Bloy est l’ancêtre de tous les indignés, les insoumis, les désespérés. Son écriture est brûlante de ferveur et de colère. Frère en cela de Péguy dont il habita la maison de Bourg-la-Reine après la mort au front. « Vous me conseillez de m’avilir pour gagner de l’argent, écrit-il. Vive la misère ! » La misère, il l’a eue, mais son œuvre nous reste, éclatante d’énergie et lumineuse de liberté. Lisons-la !

Philippe-Jacques SPENER

La Vie évangélique

Pia desideria

SORTIE EN LIBRAIRIE EN MAI 2017
Collection « Les Carnets spirituels »
n° 97, 184 pages, ISBN 978-2-845-90252-7

15 €

Spener (1635-1705) est beaucoup moins connu que Luther, dont la Réforme célèbre en 2017 son cinquième centenaire. En tant que fondateur du piétisme, il a pourtant fortement contribué à façonner le visage du protestantisme moderne.

Le mouvement piétiste a conduit à valoriser une religion personnelle, voire intimiste, en mettant l’accent sur la régénération du chrétien plus que sur l’autorité institutionnelle des ministères et en insistant sur la place essentielle des laïcs au sein des communautés.

Bien au-delà du domaine spirituel, l’influence du piétisme s’est fait sentir dans la pensée d’hommes tels que Kant, Goethe, Schiller, Hölderlin ou Novalis à travers l’insistance sur le vécu et sur le « je ».

L’accent mis par le piétisme sur la régénération et la vie nouvelle conduira le romantisme à valoriser la vie comme donnée fondamentale de toute réalité, thème encore repris près d’un siècle plus tard par Albert Schweitzer, ardent apôtre du « respect de la vie ».

Livre majeur de Spener, les Pia desideria ont ainsi eu un impact direct et indirect considérable.

Cet ouvrage, publié pour la première fois en traduction française par les éditions Arfuyen en 1990 dans les « Cahiers d’Arfuyen », est présenté ici sous le titre La Vie évangélique dans une version revue et corrigée.