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 JULIENNE DE NORWICH

Les Révélations de l’Amour divin

Revelations of Divine Love
TEXTE COURT

SORTIE EN LIBRAIRIE EN AVRIL 2017
Collection « Les Carnets spirituels »
n° 96, 112 pages, ISBN 978-2-845-90249-7

12 €

« Première femme de lettres anglaise », considérée par le cistercien Thomas Merton comme « l’un des plus grands théologiens anglais », tenue pour une sainte pour l’Église anglicane, la recluse Julienne de Norwich (ca 1342-1416) est l’une des plus grandes mystiques d’Occident, contemporaine de la mystique rhéno-flamande. Elle est pourtant encore très peu connue dans notre langue.

Sa spiritualité est une exaltation de la toute-puissance de l’Amour, par-delà le péché et la mort. Elle est profondément joyeuse et étrangère à toutes les doctrines moralisantes et culpabilisantes trop souvent identifiées avec le christianisme.

Ce livre donne à lire une traduction nouvelle (la première depuis 1976) du texte court des Révélations de l’Amour divin, écrit juste après les visions reçues par Julienne. Les traductrices ont publié aux Éditions Arfuyen en 2013 des traductions de Walter Hilton (1340-1396), De l’union à Dieu au milieu du monde.

Le texte court des Revelations of Divine Love nous est parvenu dans un unique exemplaire conservé à la British Library. Probablement écrit par la jeune Julienne de Norwich peu de temps après sa maladie (et donc vers 1373), ce texte court rend compte avec force et simplicité des 16 révélations reçues tandis que le texte long, écrit et réécrit tout au long de sa vie, n’en est qu’une sage réélaboration.

Premier chef-d’œuvre de la littérature anglaise, ce texte court est étonnamment très peu connu en France. Publié pour la première fois en 1976 par les éditions du Parvis (Suisse) dans une traduction de Roland Maisonneuve, il est depuis très longtemps introuvable dans notre langue.

« Un des plus beaux livres qui soit », disait Bremond en parlant des Révélations. T. S. Eliot reprend dans ses Quatre Quatuors la parole reçue par Julienne : « Je veux faire que tout soit bien, je ferai que tout soit bien, Je peux faire que tout soit bien, et Je sais faire que tout soit bien. Et tu verras par toi-même que tout sera bien », révélation suivie de deux autres non moins réconfortantes : « Je te garde en pleine sécurité » et « Tu ne seras pas vaincue ».

La spiritualité de Julienne est la vision d’un amour plus puissant que tout : que le péché, que la faiblesse, que la mort. Profondément joyeuse donc et qui suffit à illuminer une existence que Julienne vécut tout entière recluse dans un mur de l’église de Norwich.

Lina RITTER

Haïkus alsaciens

Elsasseschi Haiku
PRIX NATHAN KATZ DU PATRIMOINE 2017

SORTIE EN LIBRAIRIE EN AVRIL 2017
Collection « Neige »
n° 36, 272 pages, ISBN 978-2-845-90251-0

18 €

Lina Ritter est le 13e écrivain mis à l’honneur par le Prix Nathan Katz du Patrimoine, créé à Strasbourg en 2004 (mais c’est surtout la première femme). Partagé entre la France, l’Allemagne et la Suisse (dont elle parle et écrit la langue, l’alémanique), le destin de Lina Ritter (1888-1981) symbolise celui d’un peuple déchiré par l’Histoire.

Chef d’œuvre de Lina Ritter (également dramaturge et romancière) les Haïkus alsaciens ne sont pas des imitations des haïkus japonais mais en ont toute la saveur et la délicatesse.

Jean-Paul Gunsett, traducteur de ces textes, a bien connu Lina Ritter et l’évoque dans un entretien publié en avant-propos. L’édition est bilingue alémanique-français et dotée d’une bio-bibliographie très complète

S’interrogeant sur la personnalité féminine à honorer en premier, le Jury du Prix Nathan Katz n’a guère eu d’hésitations tant la personnalité rayonnante de Lina Ritter et la richesse de son œuvre s’imposent naturellement à l’admiration. Publiés en 1965 (Lina Ritter avait alors 77 ans) mais écrits tout au long de sa vie, les Elsasseschi Haiku sont l’un de ses livres les plus représentatifs et les plus accessibles. Écrits en alémanique (le dialecte du nord de la Suisse, de Bâle à Berne) sous forme de haïkus, ces petits textes pleins d’humour et de sagesse se font l’écho d’un « monde d’hier », dont elle recueille dans sa mémoire les voix et les joies disparues. À chaque jour de l’année correspond un haïku, qui symbolise ainsi comme un almanach le passage des saisons et l’écoulement d’une vie.

Lina Ritter explique dans un poème liminaire pourquoi elle a écrit des haïkus : « Un haïku n’est pas un poème. / Juste un appel, / un signe, une question. // Dans ces petits couplets / résonne comme une musique / de temps très anciens. // Ou est-ce comme, de tout près, / le battement d’ailes d’un ange, / quand à mi-voix // on se les redit ? »

Bien souvent profonds et toujours savoureux, ces textes s’adressent à tous les amateurs de haïkus, non seulement en Alsace mais ailleurs. Ils permettent de découvrir une femme magnifique de courage, de finesse et de bonté.

Jacques DARRAS

Réconcilier la ville

SORTIE EN LIBRAIRIE EN MARS 2017
Collection « La faute à Voltaire »
n° 5, 112 pages, ISBN 9782845902480

9 €

« Voici que se projette à nouveau, sur les places publiques de l’Occident toutes livrées aux délices et aux affres du commerce et de l’économie, l’ombre des cathédrales anciennes ressuscitant sous la forme arrondie des mosquées. D’une part la communauté urbaine nous a libérés des charges hiérarchiques anciennes, politiques ou religieuses, d’autre part elle nous obère du poids aliénant de l’argent, usure ou mécénat publicitaire. Comment sortir de cette contradiction, par quelle dialectique de la place publique et de la cathédrale, de l’individualisme nominal et de l’anonymat collectif, avancer ? »

Comme Henri Meschonnic qui a inauguré l’an passé la collection « La faute à Voltaire », Jacques Darras est essayiste et poète. Il a publié de nombreux ouvrages de réflexion où sa vaste culture historique et géographique ainsi que son point de vue de spécialiste de la littérature américaine lui donnent un regard particulier sur les problèmes politiques de l’Europe, de la France et de ses régions.

On ne s’étonnera donc pas que la méditation qu’il offre ici, issue en partie d’une conférence donnée à la Maison de l’architecture en 2016, soit marquée, dans l’esprit de la collection « La faute à Voltaire », par une rigoureuse liberté de pensée et de parole.

Deux formes majeures de l’urbanisme, souligne-t-il, sont nées au même en-droit (en Picardie) et en même temps (au XIIIe siècle) : la ville de marché et la ville de cathédrale. Et la ville de cathédrale, on ne le sait pas assez, est née en réaction contre le règne de l’argent qui gangrenait la première.

À nouveau devenues de vastes centres commerciaux, nos villes sont à nouveau malades, et pour les mêmes raisons. Comment sortir de cette schizophrénie des villes modernes ? Comment réconcilier la ville, écartelée entre ses deux dimensions ?