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Le prix François Coppée de l’Académie Française à "À" de Jacques Goorma


Le Prix François Coppée de l’Académie Française a été attribué au livre de Jacques Goorma À - hommages, adresses, dédicaces. C’est l’occasion de relire ce qu’écrivait propos de ce livre Laurent Albarracin dans un article paru le 5 juin 2017 sur le site de Pierre Campion :

« Le poème est proche de la sentence aphoristique sans qu’elle soit jamais sentencieuse, justement, puisque sa morale ne se veut pas définitive et conclusive mais ouverte au contraire à tous les vents de l’éventuel, au courant d’air frais du vif qui rafraîchissent le poème et "la nuque / surprise par le vent". Pas de virtuosité ici mais le choix de la nudité, du dépouillement et du simple en tant qu’ils disent toujours plus de vérité que tout effort de rhétorique […]

« Se rendre capable "du peu" par la parole poétique, c’est ne pas exercer un pouvoir mais s’ouvrir au contraire à la possibilité d’accueillir le faible et l’imperceptible, l’infime ou l’intangible qui se situent et se révèlent précisément au défaut du langage, à son point de renoncement peut-être. […]

« La sagesse poétique n’est pas réellement une sagesse, un état souverain auquel parviendrait le poète, mais une simple disponibilité au monde, à son merveilleux quotidien, à son étonnement provisoire. Par le rire – qui est un franchissement de l’infranchissable qui se fait comme en riant – ou par l’obstacle insurmontable qui est la condition d’une progression, la poésie de Jacques Goorma, entre voie positive et voie négative, ne propose nul autre éveil que celui de vivre réconcilié avec l’énigme, avec ce qui est à la fois l’évidence et le mystère. »

Dans la revue Études, un entretien avec Gérard Pfister sur Arfuyen et sur la poésie


Le Marché de la poésie est l’occasion pour la revue Études, dans son numéro de juin 2018, de s’interroger sur la situation de la poésie aujourd’hui. Au cours d’un entretien avec l’écrivain Yves Leclair, Gérard Pfister présente l’aventure éditoriale des éditions Arfuyen et leur originalité dans le paysage de la poésie contemporaine, mais livre aussi sa conviction personnelle sur la signification de la poésie face à la tyrannie de la communication de masse.

« L’écriture nous permet de prendre conscience de ce qui nous est le plus précieux mais aussi le plus inconscient : la langue. De nous libérer des automatismes et des conventions que les mots nous ont imposés. C’est une ascèse, et des plus radicales : un éveil, des plus illuminants. Et quel meilleur moyen qu’une autre langue pour prendre conscience de la nôtre ? Toute langue impose une vision du monde, et ce n’est que dans le miroir d’une autre, par la traduction, qu’on peut le mesurer.

« À travers les livres, c’est cette liberté qu’il faut transmettre. Inutile de se battre s’il ne s’agit que de d’objets de divertissement ou de collection. Liber, livre ou liber, libre : c’est le même mot. Et au pluriel, liberi, les enfants. Car nous sommes ces éternels enfants qui doivent se libérer par le livre. Au lieu de cela, l’industrie du livre produit toujours de nouvelles recettes pour nous euphoriser ou nous assommer comme des drogues. Au lieu de cela, les nostalgiques « poétisent », comme disait Meschonnic, à tour de bras. On veut faire « poétique », on se paie de mots – d’une manière ou d’une autre il faut bien se payer. Alors que la poésie est un travail de longue patience, d’exigeante liberté. »

Information en lien avec le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD)


La Lettre du Lac Noir est la revue électronique des Éditions Arfuyen. Elle présente les nouveautés que nous publions et donne des informations sur nos auteurs, sur les ouvrages de notre catalogue ainsi que sur les événements concernant nos éditions.

Vous pouvez vous désinscrire à tout moment de La Lettre du Lac Noir à travers le lien de désinscription qui figure sur notre site ainsi qu’au bas de chaque lettre.

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Le Prix Goncourt 2018 de la Poésie à Anise Koltz


Le Prix Goncourt 2018 de la poésie a été attribué à Anise Koltz pour l’ensemble de son œuvre (cf le site de l’Académie Goncourt). Il lui sera remis chez Drouant à Paris le vendredi 4 mai.

Depuis 10 ans les Éditions Arfuyen ont publié l’ensemble des livres d’Anise Koltz : L’ailleurs des mots en 2007, La Lune noircie en 2009, Je renaîtrai en 2011, Soleils chauves en 2012, Galaxies intérieures en 2013 et Un monde de pierres en 2015.

Au mois de janvier dernier, les Éditions Arfuyen ont publié le nouveau livre d’Anise Koltz, Pressée de vivre.

Après le Prix Jean Arp de Littérature Francophone en 2008, la journée d’étude qui lui a été consacrée à l’université de Strasbourg en 2016 et la publication, la même année, d’une anthologie de ses textes dans la collection Poésie Gallimard ont marqué une première reconnaissance de son œuvre.

Le Prix Goncourt de la Poésie qui lui vient de lui être attribué vient à point pour attirer l’attention d’un plus vaste public sur une œuvre qui par sa force et son dépouillement s’adresse à tous.

Remise du Prix Nathan Katz du Patrimoine à la BNU le 19 avril à 18 h 30.


Le jeudi 19 avril 2018 auront lieu à 18 h 30 à la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg l’hommage à Nathan Katz (1892-1981) et la remise par M. Justin Vogel, Président de l’Office pour la Langue et les Cultures d’Alsace et de Moselle (OLCA), de la bourse de traduction du Prix du Patrimoine 2018 à Jean-Louis Spieser, pour sa traduction de l’alémanique du chef-d’œuvre de Nathan Katz, Annele Balthasar.

À cette occasion seront projetés des extraits des films Hommage à Nathan Katz, diffusé le 19 mai 1968, et Kunkelstubb oder e Chaltnacht im Sundgau, diffusé le 26 janvier 1969.

L’hommage rendu à Nathan Katz bénéficiera de la participation de Jean-Louis Droz, neveu de Nathan Katz, du philosophe Jacob Rogozinski, qui évoquera la chasse aux sorcières, du Moyen Âge à nos jours, de Yolande Siebert, spécialiste de l’œuvre de Katz et de Jérôme Schweitzer, conservateur des collections alsatiques à la BNU, qui présentera le fonds Nathan Katz qui y est conservé.

Des textes de Nathan Katz seront chantés et lus en alémanique et en français par Daniel Muringer, chanteur et compoiteur, et par Louis Perin et les comédiens de la Compagnie du Lys.

Nathan Katz, distingué par le Prix du Patrimoine 2018


Parrainé par le Conseil Régional du Grand Est et l’Office pour la Langue et les Cultures d’Alsace et de Moselle (OLCA), le Prix Nathan Katz du Patrimoine 2018 a été proclamé le 28 mars.

Il distingue cette année l’œuvre de Nathan Katz (1892-1981), celui même qui a donné son nom au Prix du Patrimoine de l’Alsace, symbole d’une création profondément enracinée dans la culture de cette terre et d’une très large ouverture sur les autres cultures (ci-contre photographie du monument qui lui a été élevé à Waldighoffen, son village natal, dans le Sundgau).

Prosateur (Das Galgenstüblein, 1920), dramaturge (D’Ardwibele, 1930) et poète (Sundgaü, 1930, et O loos da Rüef dur d’Gàrte, 1958), Nathan Katz a voulu donner voix à l’Alsace comme l’a fait Frédéric Mistral, Prix Nobel 1904, pour l’Occitanie et que cette voix porte une parole de paix entre les peuples, de bienveillance entre les hommes et de réconciliation avec la nature.

Grand voyageur à travers l’Europe et le Maghreb, marqué tout à la fois par le judaïsme, le bouddhisme et le christianisme, il a donné dans Annele Balthasar la plus lucide analyse des mécanismes de la rumeur et de la chasse aux sorcières.

La Bourse de Traduction du Prix est attribuée à Jean-Louis Spieser, pour la première traduction de l’alémanique de la pièce Annele Balthasar (1930), le chef-d’œuvre de Nathan Katz. Traducteur de l’alsacien et de l’allemand, chercheur infatigable, il est l’auteur de nombreux ouvrages qui ont permis de découvrir des aspects méconnus de l’histoire de l’Alsace.

Le Prix Nathan Katz du Patrimoine est décerné chaque année depuis 2004 dans les salons du winstub Chez Yvonne, à Strasbourg, pour distinguer une œuvre majeure du patrimoine littéraire de l’Alsace, du Moyen Âge à nos jours, écrite en moyen haut-allemand, haut-allemand ou alsacien. La Bourse de Traduction est remise à un chercheur qui contribue par ses travaux à faire découvrir cette œuvre du public francophone.

Les Éditions Arfuyen au Marché de la Poésie 2018


Comme chaque année les Éditions Arfuyen seront présentes au Marché de la Poésie 2018, le 36e, qui aura lieu place Saint-Sulpice du mercredi 6 au dimanche 10 juin 2018.

Inaugurés en 2017 sur le thème « La visibilité du poème », les États généraux de la poésie se poursuivront en 2018 sur le thème «  le devenir du poème ».

C’est le Québec qui sera cette année l’invité d’honneur du Marché de la Poésie. « Plus que tout autre, écrivent les organisateurs, le Québec est une terre de poètes et nous aurons le plaisir d’accueillir une dizaine d’entre eux-elles, ainsi qu’un grand nombre d’éditeurs. »

« N’oublions pas, ajoutent-ils, aussi et surtout ce grand rassemblement – sans doute le plus grand en France – autour de l’édition de poésie, qui réunit quelque 500 éditeurs et revues de poésie (et de création littéraire), provenant de la France entière, d’autres pays d’Europe et d’autres continents, même si nous n’avons pas prétention à l’exhaustivité. Le Marché de la Poésie est une vitrine pour tous ces éditeurs, une vitrine devenue indispensable au fil du temps, et il s’impose comme une manifestation incontournable pour la poésie. »

Le Prix Max Jacob à Michèle Finck pour "Connaissance par les larmes" (Arfuyen)


Présidé par Jean-Baptiste Para, le Jury du Prix Max Jacob a attribué son Prix 2018 à Michèle Finck pour son livre Connaissance par les larmes publié aux Éditions Arfuyen.

Fondé et doté en 1950 par Mme Florence Frank Jay Gould, le prix de poésie Max Jacob est attribué chaque année dans le courant du premier trimestre. Il récompense une œuvre poétique d’un écrivain français ou étranger. Totalement indépendant de l’association Les Amis de Max Jacob, son Jury se réunit et délibère souverainement.

Nous reproduisons ci-dessous des extraits du très bel article publié sur ce livre par Jacques Goorma sur le site Recours au poème : « Certains livres ont le pouvoir de survivre au moment de leur lecture et de poursuivre avec entêtement leur chemin en nous jusqu’à nous forcer à les reprendre. Connaissance par les larmes est de ceux-là. Essayiste, traductrice, professeur de littérature comparée à l’université de Strasbourg, Michèle Finck s’affirme avec ce quatrième recueil comme une voix forte et singulière de la poésie d’aujourd’hui. […]

Ici, nulle complaisance doloriste, ce que l’on pourrait craindre en abordant un tel sujet. Le parti-pris thématique, le soin apporté à un détail anatomique, la minutie d’une description feraient plutôt songer à une forme moderne de Blason ou encore à un inventaire secret, une anthologie des larmes très personnelles, avec un souci d’exhaustivité qui, bien sûr, n’épuise pas les larmes, et une très grande attention accordée à l’organisation de ces morceaux choisis.

L’ouvrage, solidement charpenté, se compose de sept parties, récoltant chacune une collection de larmes. Dans Court-circuit, la première partie, les larmes sont d’abord intérieures. Les larmes de l’enfance, de l’intime, celles des morts, de la faille, celles qui coulent dans l’autre sens et nous ouvrent à la connaissance de l’autre comme de nous mêmes. […] Dans les trois parties suivantes, Musique des larmes, Musée des larmes, Cinémathèque des larmes, chaque poème offre un abrégé suggestif de l’œuvre abordée, une galerie intime de larmes recueillies dans tel mouvement musical, telle représentation picturale ou cueillies à l’œil de tel comédien. […] Avec les deux dernières séquences, Êtrécrire et Celle qui neige, les larmes sont enfin celles des mots. Ce qui reste : les larmes des mots. Pas de références littéraires ici aux larmes d’Ulysse, aux pleurs de Rachel, de Jérémie, de Marie-Madeleine ou de Bérénice. À l’exception des saisissantes évocations de Philomèle, d’Orphée et de Pénélope, les larmes écrites sont les poèmes de l’auteure elle-même. Les mots-larmes à étreindre. / Amor Fati.

En lisant Connaissance par les larmes, on songe bien sûr à Nietzsche, tant la composition thématique de ce recueil est musicale (« Je ne fais pas de différence entre la musique et les larmes » déclare celui-ci dans Nietzsche contre Wagner). Un Chœur ouvre ou clôt chaque section, annonce la couleur, condense le propos en quelques vers d’un seul mot, traverse et scande musicalement l’ensemble de l’ouvrage. […]

L’écriture de Michèle Finck manifeste une sensibilité à fleur de peau. Au bord des larmes. Mais toujours avec un souci d’exactitude et l’acuité d’un regard aigu et souvent tranchant. Car les larmes disent aussi l’entaille, la faille, la fente, la blessure, par lesquelles elles s’écoulent. La brèche par où l’intime voit le jour. Elles sont l’expression visible de la vie intérieure. […]

Les larmes sont un débordement, l’issue d’un excès, d’un trop-plein. Pour y répondre, le vers se fait bref. Suppression d’articles, de verbes. Élision de l’inutile. Style télégraphique trahissant l’urgence à dire. Par endroits, des allitérations accentuent cette sensation de hâte résolue. « Descendre au fond de la faille / Forer. Fouiller. / Faire de la faille force. / Engouffrer langue au fond / Des fissures des anfractuosités. / Engouffrer langue. »

Mais cette hâte doit être aussi patiente, car sa précipitation pourrait menacer le poème. Poème compagnon de route / Pas trop vite attends un peu. / Il faut que tu te décantes. Larme et langue se mêlent dans un épanchement où affleure et se révèle enfin, comme un aveu, le secret du poème. Les Larmes / Non Pleurées / Sont /Celles / Qui / Font / Écrire. […] »

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